Ouverture du capital de la Fifa : le vote qui pourrait changer le football mondial
Publié le mercredi 29 juillet 2026 à 16h55
Le projet de création de Fifa Forward Enterprise suscite une vive opposition depuis son annonce. Pour convaincre les 211 fédérations membres, Gianni Infantino leur promet jusqu’à 40 millions de dollars chacune si elles approuvent cette réforme avant le 19 septembre.
Un vote décisif pour les fédérations membres
Les fédérations de football du monde entier devront bientôt se prononcer sur l’avenir économique de la Fifa. Selon des informations du Times, les 211 associations membres disposent désormais jusqu’au 19 septembre pour rendre leur décision finale concernant le projet défendu par Gianni Infantino.
Le président de l’instance mondiale souhaite créer une société commerciale baptisée Fifa Forward Enterprise (FFE). Cette structure aurait pour mission de mieux exploiter les revenus liés aux compétitions et aux événements organisés par la Fifa.
Dans une lettre adressée aux fédérations, Gianni Infantino présente deux scénarios. En cas d’approbation du projet, la Fifa estime que 10 milliards de dollars pourraient être répartis entre les nations à partir du 1er janvier 2027. Si les fédérations rejettent la réforme, le programme d’aide au développement serait maintenu, mais avec une enveloppe globale limitée à 2,7 milliards de dollars.
Jusqu’à 40 millions de dollars pour les fédérations favorables
Pour obtenir le soutien du plus grand nombre, la Fifa met en avant les importantes retombées financières promises aux associations qui approuveront le projet. Chaque fédération pourrait recevoir jusqu’à 40 millions de dollars, soit environ 35 millions d’euros, dans le cadre du prochain cycle de financement.
Les fédérations qui refuseront la proposition ne seraient pas totalement privées de soutien. Elles bénéficieraient toutefois d’un montant nettement inférieur, correspondant à l’extension du programme Forward déjà présentée par la Fifa.
À retenir : les fédérations ont jusqu’au 19 septembre pour choisir entre le nouveau dispositif commercial, associé à une enveloppe potentielle de 10 milliards de dollars, et le maintien du programme Forward, doté de 2,7 milliards de dollars.
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Une société valorisée à 20 milliards de dollars
La future Fifa Forward Enterprise serait valorisée à 20 milliards de dollars, soit environ 17,5 milliards d’euros. La Fifa prévoit ensuite d’ouvrir une partie de son capital à des investisseurs privés.
L’arrivée d’un actionnaire minoritaire permettrait à l’instance internationale de récupérer immédiatement 4,2 milliards de dollars, près de 3,7 milliards d’euros. Le fonds Thrive Eternal, dirigé par Joshua Kushner, doit prendre la tête du groupe d’investisseurs intéressés par l’opération.
Cette proximité avec l’entourage de Donald Trump alimente également les interrogations autour du projet. Joshua Kushner est le frère de Jared Kushner, lui-même marié à Ivanka Trump, la fille du président américain.
L’opposition s’organise autour de la Fifa
Depuis l’annonce de la réforme, les critiques se multiplient. L’UEFA, la CONCACAF et l’AFC ont toutes fait part de leur opposition au projet. Plusieurs fédérations nationales ont également exprimé leurs réserves, dont la France par la voix de Philippe Diallo.
Les détracteurs de la réforme s’inquiètent notamment de l’influence que pourraient exercer les investisseurs privés sur la gestion et les orientations économiques du football mondial. La création d’une société commerciale contrôlée en partie par des partenaires financiers pourrait modifier l’équilibre actuel au sein de la Fifa.
Pour l’heure, une seule voix tranche avec cette contestation. Le président de la Fédération tchèque estime voir « très clairement les bénéfices pragmatiques pour le football tchèque ».
Les petites fédérations face à un choix stratégique
La promesse d’une enveloppe pouvant atteindre 40 millions de dollars pourrait peser lourd dans la décision des fédérations les moins puissantes économiquement. Pour certaines d’entre elles, une telle somme représenterait une source de financement considérable pour développer les infrastructures, les équipes nationales ou la formation.
La Fifa compte donc sur l’attrait de cette manne financière pour faire accepter son projet malgré l’opposition des principales confédérations et de plusieurs grandes fédérations nationales. Le vote du 19 septembre permettra de mesurer le rapport de force entre les partisans de la réforme et ceux qui souhaitent conserver le fonctionnement actuel.