Kevin Keegan est mort : le football anglais perd « King Kev », double Ballon d'Or
Double Ballon d’or, champion d’Europe avec Liverpool et figure adulée de Newcastle, Kevin Keegan est mort ce lundi 20 juillet 2026 à l’âge de 75 ans. Ancien capitaine puis sélectionneur de l’Angleterre, il luttait contre un cancer.

Kevin Keegan est mort entouré de sa famille
Le football anglais perd l’un de ses visages les plus populaires. Kevin Keegan s’est éteint à 75 ans, quelques mois après l’annonce de sa maladie. Sa famille a confirmé sa disparition dans un communiqué diffusé ce lundi.« C’est avec une immense tristesse que nous annonçons le décès de Kevin Keegan à l’âge de 75 ans. L’ancien joueur et sélectionneur de l’équipe d’Angleterre luttait contre le cancer et était entouré de sa femme et de ses filles dans ses derniers instants. »
Ses proches ont également rendu hommage à l’homme derrière la légende du football, décrivant un époux, un père et un grand-père profondément aimé. Ils ont tenu à remercier l’équipe médicale qui l’a accompagné pendant sa maladie.
« Kevin, double lauréat du Ballon d’or, était un époux, un père et un grand-père très aimé. La famille tient à remercier l’incroyable équipe médicale de Kevin pour son soutien indéfectible. »
Hospitalisé après des symptômes abdominaux persistants, Kevin Keegan avait révélé en janvier 2026 qu’un cancer lui avait été diagnostiqué. Newcastle et Liverpool, deux clubs indissociables de son parcours, lui avaient alors publiquement apporté leur soutien.
De Scunthorpe à Liverpool, la naissance d’une star
Né le 14 février 1951 à Armthorpe, dans le Yorkshire, Kevin Keegan commence sa carrière professionnelle à Scunthorpe United à la fin des années 1960. Son énergie, sa vitesse et son sens du but attirent rapidement l’attention de Liverpool, qu’il rejoint en 1971.À Anfield, l’attaquant change de dimension. Associé à John Toshack, il compose un duo redoutable et devient l’un des joueurs préférés du public. Petit par la taille, mais infatigable sur le terrain, il gagne le surnom de « Mighty Mouse ».
En six saisons sous le maillot rouge, Keegan participe à l’une des périodes les plus glorieuses de l’histoire de Liverpool. Il remporte trois championnats d’Angleterre, deux Coupes de l’UEFA, une Coupe d’Angleterre et surtout la première Coupe d’Europe des clubs champions du club, en 1977.
Deux Ballons d’or consécutifs avec Hambourg
Après le sacre européen de Liverpool, Kevin Keegan choisit de quitter l’Angleterre pour rejoindre le Hambourg SV. Un pari audacieux à une époque où les joueurs britanniques s’exportent encore peu.Ses débuts en Allemagne demandent un temps d’adaptation, mais l’Anglais finit par s’imposer. Avec Hambourg, il devient champion de RFA en 1979 et atteint la finale de la Coupe d’Europe en 1980.
Ses performances lui valent la plus prestigieuse des récompenses individuelles. Kevin Keegan remporte le Ballon d’or en 1978, puis conserve son trophée en 1979. Il reste l’un des rares joueurs anglais à avoir été couronné deux années de suite.
« King Kev », l’idole de Newcastle
De retour en Angleterre, l’attaquant porte d’abord le maillot de Southampton. Il rejoint ensuite Newcastle en 1982, alors que les Magpies évoluent en deuxième division.Son arrivée provoque une immense ferveur. Keegan contribue au retour du club parmi l’élite avant de mettre un terme à sa carrière de joueur en 1984. Sur les bords de la Tyne, « Mighty Mouse » devient définitivement « King Kev ».
Son histoire avec Newcastle ne s’arrête pourtant pas là. En 1992, sans expérience sur un banc, il accepte de prendre les commandes d’une équipe menacée de relégation en troisième division. Il la maintient, la ramène ensuite au plus haut niveau et transforme les Magpies en candidats au titre.
Une course au titre devenue mythique
Lors de la saison 1995-1996, Newcastle pratique un football spectaculaire et compte jusqu’à douze points d’avance en tête du championnat. Manchester United finit toutefois par renverser la situation.Cette rivalité donne naissance à l’une des séquences les plus célèbres de la télévision britannique. Agacé par les déclarations d’Alex Ferguson, Kevin Keegan laisse éclater son émotion devant les caméras de Sky Sports et assure qu’il adorerait battre Manchester United. Une sortie passionnée, restée dans la mémoire des supporteurs.
Capitaine puis sélectionneur de l’Angleterre
Sous le maillot anglais, Kevin Keegan compte 63 sélections et 21 buts. Il porte également le brassard de capitaine et participe notamment à la Coupe du monde 1982, même si une blessure limite fortement son temps de jeu pendant le tournoi.Des années plus tard, il retrouve la sélection dans un autre rôle. Nommé sélectionneur en 1999, il conduit l’Angleterre à l’Euro 2000. L’aventure s’arrête dès le premier tour et Keegan quitte son poste quelques mois plus tard, après une défaite face à l’Allemagne lors du dernier match disputé dans l’ancien Wembley.
Une carrière d’entraîneur menée avec passion
En dehors de Newcastle et de la sélection anglaise, Kevin Keegan dirige Fulham puis Manchester City. Avec les Citizens, il décroche la montée en Premier League en 2002 avant de stabiliser le club dans l’élite.Il revient une dernière fois sur le banc de Newcastle en 2008. Ces retrouvailles très attendues tournent court, sur fond de désaccords avec la direction du club. Ce sera sa dernière expérience comme entraîneur.
Un champion resté proche du public
Kevin Keegan n’était pas seulement un palmarès. Sa générosité sur le terrain, son enthousiasme et sa manière de vivre chaque match lui avaient offert une place particulière dans le cœur des supporteurs.De Liverpool à Hambourg, de Newcastle à l’équipe d’Angleterre, il aura traversé plusieurs époques sans perdre cette image d’homme accessible et passionné. Avec sa disparition, le football britannique dit adieu à l’un de ses grands champions, mais aussi à une personnalité qui ne trichait jamais avec ses émotions.






































