Mondial 2026 : l’idée d’un boycott européen reste très hypothétique
Publié le vendredi 23 janvier 2026 à 13h32
À l’approche de la Coupe du monde 2026 organisée en Amérique du Nord, les prises de position diplomatiques de Donald Trump relancent un débat sensible. En Europe, quelques voix évoquent l’hypothèse d’un boycott, mais dans les instances du football comme au sein des gouvernements, cette option apparaît aujourd’hui très improbable.
Un contexte politique qui s’invite dans la préparation du Mondial
À moins de six mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, le climat politique international s’invite dans les discussions. Les déclarations offensives de Donald Trump sur la scène diplomatique, notamment autour du Groenland, ont ravivé certaines tensions en Europe et relancé l’idée d’un possible moyen de pression symbolique : le boycott sportif. Si le débat a gagné en visibilité ces derniers jours, il reste pour l’heure largement théorique. Dans les cercles dirigeants du football international, la perspective d’une absence européenne lors du plus grand événement de la planète ne semble pas crédible.
L’Allemagne ouvre la porte, sans franchir le seuil
C’est l’Allemagne qui a été la première à évoquer publiquement la question. Par la voix de sa secrétaire d’État aux Sports, Christiane Schenderlein, le gouvernement fédéral a rappelé que la décision relevait exclusivement des instances sportives. La Fédération allemande (DFB) et la FIFA sont donc seules juges, Berlin se contentant de respecter « l’autonomie du sport ». Une position mesurée, dictée aussi par la crainte de sanctions sévères en cas d’ingérence politique, un principe auquel la FIFA reste particulièrement attachée.
Une prudence dictée par l’histoire récente
Dans les couloirs de l’UEFA, le souvenir de la Coupe du monde 2022 au Qatar reste très présent. À l’époque déjà, les appels au boycott avaient animé le débat public, sans jamais se traduire par des absences majeures. Un cadre de l’instance européenne résume la tendance actuelle : les discussions existent, mais personne n’envisage sérieusement une rupture collective avec la FIFA.
La France et la majorité de l’Europe ferment la porte
Du côté français, le message est clair. La ministre des Sports Marina Ferrari a indiqué qu’aucune volonté de boycott n’était à l’ordre du jour. La Fédération française de football s’inscrit dans cette ligne, sans ajouter de commentaire. Cette position est largement partagée parmi les nations européennes déjà qualifiées. L’UEFA, qui regroupe l’ensemble des fédérations du continent, ne donnera aucune consigne et laisse chaque pays libre de ses choix, même si l’hypothèse d’un retrait coordonné est jugée irréaliste.
Une FIFA sereine et un Gianni Infantino très actif
Au siège de la FIFA, l’inquiétude reste limitée. Plusieurs responsables rappellent que les déclarations politiques du président américain sont suivies avec attention, mais sans alarme particulière. Gianni Infantino, lui, continue d’afficher une proximité assumée avec l’administration américaine. Présent cette semaine au forum économique mondial de Davos, le président de la FIFA a publiquement salué l’initiative diplomatique de Donald Trump autour d’un Conseil de la Paix, renforçant encore l’image d’une relation étroite entre la FIFA et le pays hôte du Mondial.
Le cas danois, observé de près
Reste enfin la situation du Danemark, encore en course pour une qualification lors d’un barrage prévu en mars. À Copenhague, chaque prise de parole de Donald Trump est analysée, mais la ligne officielle est déjà tracée : en cas de qualification, la sélection danoise se rendra bien aux États-Unis. Les récents signaux d’apaisement autour du Groenland sont d’ailleurs perçus « dans le bon sens » par certains responsables, renforçant l’idée que la Coupe du monde 2026 se jouera bien avec l’ensemble des grandes nations attendues.
Le football peut-il vraiment devenir un levier diplomatique ?
À l’heure actuelle, le boycott du Mondial 2026 semble davantage relever du débat politique que d’un scénario sportif crédible. Mais à mesure que l’échéance approche, la question demeure : jusqu’où les sélections et les instances accepteront-elles que la géopolitique s’invite sur les terrains ?