Manchester United a mis fin au mandat de Ruben Amorim après seulement quatorze mois sur le banc. Malgré un effectif renforcé et une position encore compétitive en Premier League, les résultats irréguliers et les tensions internes ont poussé les dirigeants mancuniens à trancher. Le club entre une nouvelle fois dans une phase d’incertitude, en quête d’un entraîneur capable d’incarner un projet durable.
Manchester United se sépare de Ruben Amorim après quatorze mois sur le banc
L’histoire entre
Ruben Amorim et
Manchester United s’est arrêtée brutalement. Le technicien portugais a été remercié par la direction mancunienne lundi 5 janvier, au lendemain d’un match nul frustrant sur la pelouse de Leeds (1-1). Arrivé en novembre 2024 avec l’étiquette d’entraîneur à fort potentiel, Amorim quitte les Red Devils sans avoir réussi à redresser durablement la trajectoire du club.
Une fin actée après le nul à Leeds
C’est donc à Elland Road que s’est refermé le chapitre anglais de Ruben Amorim. Ce résultat nul face à Leeds a précipité une décision que les dirigeants semblaient mûrir depuis plusieurs semaines. Manchester United, actuellement sixième de Premier League, reste à portée des places qualificatives pour la Ligue des champions, mais les performances irrégulières ont fini par peser lourd.
En attendant la nomination d’un nouvel entraîneur, le club a confié l’intérim à Darren Fletcher. Ancien milieu emblématique des Red Devils, il occupait jusqu’ici le poste d’entraîneur des moins de 18 ans.
Une décision « à contrecœur » des propriétaires
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Manchester United a expliqué que la séparation avait été décidée « à contrecœur » par ses actionnaires, Ineos et la famille Glazer. Ruben Amorim était pourtant lié au club jusqu’en 2027.
Le timing du licenciement n’est pas anodin. Il intervient quelques heures après une conférence de presse tendue à Leeds, durant laquelle l’entraîneur avait tenu à rappeler son statut et son autorité.
Une sortie médiatique mal accueillie
Face aux journalistes, Amorim avait assumé pleinement son rôle, se comparant implicitement à des figures majeures du coaching européen. Il avait affirmé être venu à Manchester pour incarner un véritable manager, tout en reconnaissant que son avenir dépendait des choix de la direction. Des propos perçus en interne comme une forme de défi, auxquels les dirigeants ont répondu sans attendre.
Un pari ambitieux devenu un échec sportif
Manchester United avait pourtant misé gros sur Ruben Amorim. À l’automne 2024, le club avait déboursé plus de 10 millions d’euros pour le recruter au Sporting Portugal, où il s’était forgé une solide réputation.
Un CV prometteur au Portugal
Au Sporting, Amorim avait marqué les esprits en quatre saisons, remportant deux titres de champion du Portugal ainsi que deux Coupes de la Ligue. À seulement 40 ans, il incarnait une nouvelle génération d’entraîneurs modernes et ambitieux.
Une saison 2024-2025 catastrophique
Mais l’adaptation à la Premier League s’est révélée bien plus compliquée que prévu. Lors de la saison 2024-2025, Manchester United a vécu l’un des pires exercices de son histoire récente, terminant à une inquiétante 15ᵉ place avec seulement 42 points. Le club a également quitté prématurément la FA Cup et la Carabao Cup, avant de s’incliner en finale de la Ligue Europa contre Tottenham.
Cette saison blanche a privé les Red Devils de toute compétition européenne, une situation inédite depuis 2014.
Des investissements massifs sans effet immédiat
Pour relancer la machine, la direction avait pourtant frappé fort lors du mercato estival 2025. Près de 250 millions d’euros ont été investis pour renforcer l’effectif, avec des recrues de premier plan comme Bryan Mbeumo, Benjamin Sesko ou encore Matheus Cunha.
Malgré ces renforts, l’exercice 2025-2026 a rapidement montré des signes de fragilité.
Une élimination humiliante et une pression croissante
Dès le mois d’août, Manchester United a été éliminé de la Carabao Cup par Grimsby Town, pensionnaire de quatrième division. Un revers symbolique, après lequel Amorim avait publiquement présenté ses excuses aux supporters.
Si le club reste bien placé en championnat, à trois points seulement du top 4, l’absence de constance et de progression claire a fini par convaincre les dirigeants de tourner la page.
Qui pour succéder à Ruben Amorim ?
La question du successeur est désormais centrale à Old Trafford. Selon la presse anglaise, Enzo Maresca, récemment évincé de Chelsea, tiendrait la corde. D’autres profils circulent également, parmi lesquels Gareth Southgate, Xavi Hernandez ou Oliver Glasner.
Un entraîneur attendu en adéquation avec la vision d’Ineos
Depuis son entrée au capital du club en décembre 2023, Jim Ratcliffe, PDG d’Ineos, a clairement affiché sa volonté d’imposer une identité de jeu définie à l’échelle du club. Le futur entraîneur devra s’inscrire dans cette ligne directrice, pensée en collaboration avec la direction sportive et le recrutement.
Champion d’Angleterre pour la dernière fois en 2013, Manchester United s’apprête ainsi à nommer son huitième entraîneur depuis le départ de Sir Alex Ferguson. Aucun n’a, jusqu’ici, réussi à s’inscrire durablement dans la réussite.