Haaland en panne de buts : les raisons d’un passage à vide inhabituel
Publié le mardi 20 janvier 2026 à 14h50
Muet dans le jeu depuis plusieurs semaines, Erling Haaland traverse une période rare dans sa carrière. À l’heure où Manchester City joue gros en Ligue des champions, le déplacement à Bodø/Glimt prend des allures de test, autant sportif que mental, pour l’attaquant norvégien.
Un retour au pays dans un contexte délicat
Erling Haaland s’apprête à retrouver la Norvège, mais le moment est loin d’être idyllique. Opposé à Bodø/Glimt en Ligue des champions, Manchester City se rend au-delà du cercle polaire arctique pour un match à fort enjeu européen. Sur le plan symbolique, l’affiche est particulière. Haaland peut devenir le premier joueur norvégien à marquer contre un club de son pays dans l’histoire de la compétition. Un clin d’œil à ses origines, même si Bodø se situe à plus de 24 heures de route de Bryn, sa ville natale. Mais sportivement, le Norvégien arrive avec des doutes. Sur ses sept derniers matchs toutes compétitions confondues, il n’a inscrit qu’un seul but, sur penalty face à Brighton.
Une efficacité en berne dans le jeu
Au-delà des statistiques brutes, c’est surtout le contenu qui interroge. Haaland reste inhabituellement discret dans le jeu, moins tranchant dans ses appels et moins influent dans les temps forts de City. Sa prestation lors de la lourde défaite contre Manchester United a marqué les esprits. Rarement l’attaquant de City avait semblé aussi en difficulté, peinant à peser sur la défense adverse. Cette baisse de régime intervient alors que City aborde une phase cruciale de sa saison européenne, dans un contexte de classement particulièrement serré.
Un calendrier qui pèse lourd
La fatigue apparaît comme un facteur central. Haaland a disputé 30 des 32 matchs possibles cette saison, cumulant 2 480 minutes de jeu, soit davantage que n’importe lequel de ses coéquipiers. Pep Guardiola lui-même a reconnu avant le derby mancunien que son attaquant était « épuisé ». Un aveu rare, qui illustre l’intensité de la sollicitation du Norvégien depuis le début de l’exercice. Le staff espérait initialement pouvoir lui offrir du repos sur certaines échéances européennes, mais la situation sportive ne l’a jamais vraiment permis.
Des alternatives limitées en attaque
L’absence prolongée d’Omar Marmoush, retenu avec l’Égypte jusqu’en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, a considérablement réduit les options offensives de City. Haaland s’est ainsi retrouvé comme seul avant-centre naturel, enchaînant les titularisations, y compris dans des compétitions où il était auparavant ménagé, comme la Carabao Cup ou le troisième tour de la FA Cup. Guardiola a reconnu avoir peu utilisé Marmoush lorsqu’il était disponible, n’offrant que quatre titularisations au joueur recruté pour 59 millions de livres sterling.
Une Ligue des champions sous tension
Le contexte européen n’aide pas à relâcher la pression. Manchester City pointe actuellement à la quatrième place de son groupe, mais un seul point le sépare de Liverpool, neuvième, et d’un éventuel match de barrage. Le souvenir de la saison passée reste vif. City avait péniblement atteint les play-offs avant d’être éliminé lourdement par le Real Madrid, quittant la compétition avant les huitièmes de finale pour la première fois depuis 2012. Dans ce cadre, se passer d’un attaquant auteur de six buts en cinq titularisations en Ligue des champions cette saison relève presque de l’impossible.
Bodø, un possible déclic ?
Le match se disputera sur une pelouse artificielle, une surface inhabituelle pour City. Le club a d’ailleurs adapté sa préparation, partant plus tôt afin de s’entraîner directement à l’Aspmyra Stadion. Haaland connaît ce type de terrain, et y avait même brillé lors de la visite de City chez les Young Boys en 2023, avec deux buts à la clé. Le cadre plus intime, le climat nordique et le retour au pays pourraient agir comme un déclencheur. Reste à savoir si ce contexte suffira à raviver l’instinct d’un buteur qui, malgré la fatigue, demeure l’arme offensive numéro un de Guardiola. Ce déplacement en Norvège peut-il marquer le véritable réveil d’Erling Haaland, ou faudra-t-il accepter que cette baisse de régime s’inscrive dans la durée ?